Le tambour Marengwen (Haiti) – Haitian drums

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” Le tanbou Marengwen (tambour maringouin) est un instrument musical traditionnel présent dans certaines régions d’Haïti (Nord, Artibonite ,Sud, Grand’Anse, Ouest, etc…
Les instruments à cordes sont presque inexistants dans le répertoire des instruments de musique populaire en Haïti. Le seul monocorde connu pour l’instant est le tambour marengwen.
Durant la période coloniale, le tambour constituait le principal instrument musical utilisé par les esclaves à Saint-Domingue dans le cadre de leurs rencontres sur les plantations sucrières et caféières. Il a épousé leurs souffrances et leur a servi d’instrument de ralliement, de canal pour invoquer voire évoquer les lwa.
Mais l’interdiction leur a ensuite été faite, par les maîtres français dans le Code noir (1685), d’utiliser des tambours dans la colonie de peur qu’ils incitent à la révolte.
Les esclaves, ne pouvant plus vivre sans le son du tambour qui rythmait leurs chants et nourrissait leurs desseins, ont inventé une autre forme de tambour en remplacement de celui de forme conique.
Ainsi ont-ils créé le tambour marengwen ou marengwen piga zonbi. Il a ainsi suivi la courbe du destin des esclaves noirs de Saint-Domingue. Le nom marengwen fait référence à cette moustique (maringouin) qui pique les esclaves durant la nuit.
En réalité, le tanbou marengwen est d’origine africaine.
Il est connu à Founta-Djalon en Guinée (ou Guinée Conakry) et en Afrique Centrale sous le nom d’arc-en-terre. En Afrique, il est dédié aux esprits de la terre appelés Ziwanda Wanda.
Le savoir-faire a été transporté dans la colonie saint-dominguoise.
Il a été recréé par les esclaves noirs arrachés des terres africaines au cours de la traite négrière. Ils ont choisi le tambour marengwen sur les habitations coloniales comme une stratégie pour se défaire des atrocités du travail de la terre en s’adressant aux esprits de la terre.
Le tambour marengwen est un instrument à la fois de percussion et à corde hybride tiré du continent africain et de l’enfer de l’esclavage sur la terre saint-dominguoise qui deviendra Haïti.
Il est utilisé aujourd’hui dans les orchestres populaires, les bandes de rara, les cérémonies vodou et les danses sacrées et profanes.
Déjà dans la mythologie haïtienne, le tambour était sacralisé voire déifié.
Le folklore fait du tambour maringouin l’instrument des revenants (zombies) et des esprits des cimetières à cause du caractère nasal du son.
La croyance veut que les zombies viennent le jouer la nuit lorsqu’on le laisse chez soi avec la corde tendue.
Il faut donc la dénouer.”
Source: Wind horse Utube
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